Vous êtes ici

Version imprimable

Le ministre wallon de l’environnement Carlo Di Antonio a annoncé sa volonté de permettre à des citoyens d’être rémunérés "en tant que volontaires" pour traquer les incivilités citoyennes. À la Plateforme francophone du Volontariat, on a avalé de travers. Deux fois. On ne "rémunère" pas des volontaires. Et, d’un point de vue éthique, utiliser le volontariat dans un cadre répressif est plus que discutable.

En Belgique, le volontariat (ou bénévolat c’est la même chose) est défini par la loi du 3 juillet 2005. Celle-ci le définit comme une activité exercée sans rétribution ni obligation, au profit d’autrui dans un cadre organisé. Dans son projet de décret dévoilé à la presse cette semaine, le ministre Di Antonio mentionne la volonté d’encadrer les citoyens souhaitant "dénoncer des infractions, des abandons des déchets par exemple" en leur permettant d’"être rémunérés sous le statut du volontariat". Il n’est pas question de rémunérer un volontaire. On peut (et ce n’est pas obligatoire !) le défrayer. Comme ce nom l’indique, il s’agit d’un remboursement de frais engagés pour l’activité volontaire (transport, matériel, téléphone…). On ne défraie pas du temps.

Par ailleurs, le volontariat permet généralement de tisser des liens dans un esprit de cohésion sociale et de solidarité. Pousser à faire du volontariat dans un contexte de "répression" est contraire à cet esprit. Le contrôle de ses semblables doit rester entre les mains des autorités publiques. C’est une question d’éthique.

Si la Plateforme francophone du Volontariat est "pour" la participation citoyenne visant le bien-être de la société, elle est totalement "contre" la vision utilitariste du volontariat comme un moyen de rémunération et de répression!

Voir l'article qui présente la proposition du ministre