Tisser des liens Atoutage

Enfants & Seniors : harmonieuse activité commune au CPAS de Wavre !
A la maison de repos du CPAS de Wavre « La Closière », ce vendredi 11 décembre, j’ai l’occasion de voir comment se déroule une activité promue par ATOUTAGE.
Dans une grande salle, autour de grandes tables montées en U se trouvent une trentaine de résidents et autant d’enfants d’une école proche discrètement encadrés par une petite équipe de soignants. Une belle effervescence agite tout ce petit monde. Enfants et seniors préparent ensemble les fêtes de fin d’année : ils découpent, décorent et mettent en couleur des douzaines de cartes de vœux de tous formats, de toutes les couleurs. Les petites mains se mêlent à celles, chenues des personnes les plus âgées : elles s’entraident naturellement. Et, naturellement, les seniors dialoguent avec les plus jeunes, en pratiquant curieusement le même langage : gestuel, elliptique, allusif, direct – c’est inévitable, puisque la tâche est commune. Les maladresses viennent des deux côtés des tables, l’entraide aussi. Le climat est tendu vers les objets en fabrication. Je peux faire toutes les photos du monde sans déranger personne… l’intérêt se trouve dans la coopération vers les objets annonciateurs des fêtes à venir.
Dans ce concert, il n’y a pas de place pour une quelconque productivité : le seul profit gît dans le lien social né de l’activité astucieusement mise en route entre les deux générations par ATOUTAGE. Lorsque les enfants ne rencontraient que des personnes désorientées se posaient parfois quelques problèmes de langage et de comportement. Puisque aujourd’hui tous les résidents participent à l’activité, les dialogues croisés il n’y a plus d’hiatus dans les conversations ni dans la coopération entre les plus jeunes et les seniors. Les échanges ont gagné en naturel. Objectif atteint…
JJ.

Question : Des élèves d’une école fondamentale qui vont voir les personnes âgées d’une résidence des environs, c’est un exemple des initiatives d’Atoutage ?
Cécile Dupont : Oui, c’est une résidence du CPAS. Lorsque nous avons organisé ce projet l’année dernière, c’était principalement des personnes âgées désorientées qui y prenaient part. Mais quand nous avons fait une évaluation du projet au mois de juin, le personnel de la maison de repos nous a signalé qu’au niveau du contact, ce n’était pas assez riche. C’est pourquoi, et d’après les objectifs qu’ils se sont fixés, cette année, ils ont décidé de mélanger un public de personnes qui sont tout à fait saines d’esprit et d’autres qui sont désorientées. On va voir ce que cela va donner, mais c’est surtout pour favoriser les échanges avec les enfants. Ce sont des enfants de troisième et quatrième année qui participent au projet. Ce sont des enfants très spontanés, mais aussi très vite distraits.. – ils sont naturels et impulsifs. Si on travaillait avec des élèves plus âgés, il pourrait sans doute aussi y avoir un intérêt plus social de s’intéresser à des personnes désorientées. Mais dans la situation nouvelle que vous allez voir, ils sont primesautiers et sans artifices. Donc, c’était important de composer un groupe avec des personnes avec qui ils peuvent converser de façon instinctive…

Question : vous pouvez multiplier ce type d’initiative. Vous avez édité une multiplicité de brochures guides qui permettent de les reproduire ailleurs…
Cécile Dupont : oui, c’est ça. Chaque fois qu’on réalise un projet, on essaie de faire un petit guide didactique qui permet à d’autres de le reproduire. Evidemment, chaque fois l’action sera adaptée en fonction du public, du terrain, mais on a une base commune.
Question : vous avez essaimé ailleurs qu’en Brabant Wallon?
Cécile Dupont : tout à fait ! Pour les actions que nous suivons pas à pas, nous travaillons en Brabant Wallon, mais on peut également accompagner des équipes ou des projets qui sont plus éloignés, dans ce cas, c’est plus sous forme de consultance, de supervision, les réunions sont plus limitées dans le temps.
Question : Vous entreprenez vos actions avec de plus en plus de professionnalisme, est-ce que vos bénévoles sont formés ?
Cécile Dupont : Oui, nos bénévoles sont formés en fonction des projets, mais surtout ils sont accompagnés. c’est pour cette raison qu’il est vraiment important d’assurer un suivi des bénévoles, sinon ils peuvent être perdus. C’est tout de même parfois difficile de travailler avec certains publics –je pense par exemple au fait d’aller « Raconter » dans une maison maternelle ou dans une institution d’accueil d’enfants placés par le juge… et donc, il faut à ce moment-là pouvoir offrir un accompagnement aux bénévoles…

Question : Cela peut-être considéré comme de la supervision ?
Cécile Dupont : je dirais plutôt que c’est un accompagnement. Nous allons voir sur le terrain comment cela se passe, mais surtout nous répondons aux demandes des bénévoles. Ils savent qu’ils peuvent venir nous trouver sur rendez-vous, et on discute ensemble des difficultés qu’ils rencontrent.
Question : De quels types de moyens d’action financiers disposez-vous pour le moment.
Cécile Dupont : C’est un mélange de mécénat. L’organisation de divers évènements nous permet aussi de ramener du sponsoring. A côté de cela, nous avons également la Région Wallonne, la Communauté Française et la Province du Brabant Wallon qui nous soutiennent, mais de façon ponctuelle.
Question : chaque fois par projet alors ?
Cécile Dupont : par projet, oui…
Question : et c’est facile d’obtenir des fonds ? N’est-ce pas plus difficile dans les circonstances actuelles marquées par une crise financière ?
Cécile Dupont : pas spécialement maintenant, mais d’une façon générale, ce n’est pas facile, parce que l’intergénérationnel relève de différents secteurs, puisqu’on touche à la fois à la jeunesse, aux personnes âgées, au culturel, à l’éducatif et au social… Donc, c’est parfois difficile et pour nous et pour les hommes politiques et leurs mandataires pour s’y retrouver dans la façon de subventionner ce genre de projet.
Question : il vous faut une véritable ingénierie sociale presque…
Cécile Dupont : en quelque sorte…
Question : le nombre de bénévoles que vous mobilisez varie-t-il en fonction des projets ?
Cécile Dupont : Oui, nous mobilisons les bénévoles en fonction des projets. L’équipe de bénévoles varie entre 20 et 30 personnes en fonction du nombre de projets et de leurs spécificités.
Question : Actuellement, combien de projets sont en cours ?
Cécile Dupont :Pour le moment, nous avons trois projets de terrain. Mais à côté de cela, nous travaillons également à tout ce qui est « Transmission », il s’agit de pouvoir former des professionnels à ce genre de travail, notamment en éditant des publications. On est justement occupé à terminer la composition d’ un livre méthodologique qui reprend notre expérience de 10 années et aussi celle de nos partenaires. Le titre publié aux éditions De Boek est « Comment développer un projet intergénérationnel ». Il y a deux auteurs, ma collègue Mélina Letesson et moi-même, mais nous avons travaillé sur base de groupes de travail avec des partenaires de terrain –beaucoup ont contribué à ce livre en partageant avec nous leurs savoirs et savoir-faire…

Cécile Dupont, psychologue et directrice d' Atoutage anime les réunions régulières qui mobilisent bénévoles, membres du conseil d'administration et permanents de l'association. Elle est co-auteur du livre "Comment développer une action intergénérationnelle?"

Marina Letesson animait la réunion-bilan et de programmation du 11 décembre dernier avec Cécile Dupont. Elle est également co-auteur de la publication "Comment développer une action intergénérationnelle".

Après plus de dix ans d’actions intergénérationnelles, l’Association ATOUTAGE publie un livre-outil de synthèse : « Comment développer une action intergénérationnelle ? », Cécile Dupont et Mélina Letesson, Editions De Boeck, 02.2010. A lire absolument !
Question : donc c’est une somme qui va également être utile à d’autres initiatives…
Cécile Dupont : oui, c’est vraiment le but. C’est vraiment un guide méthodologique.
Question : Avez-vous d’autres projets en cours de développement ?
Cécile Dupont : Il y a aussi tous les projets qui se poursuivent. Le projet « Y a pas d’âge » où les bénévoles vont dans des lieux d’accueil…, il y a aussi le projet « Voisinage », mais là par exemple, l’année prochaine nous n’avons pas encore de nouvelles demandes de lieux pour déployer ce projet basé sur la rencontre citoyenne locale, mais l’année est loin d’être terminée. On a également un projet qui s’appelle « La paix ça commence tout de suite » : il s’adresse aux élèves du secondaire (première et deuxième année) et aux aînés qui ont vécu la deuxième guerre mondiale. L’année dernière, nous avons surtout travaillé avec des écoles d’Ottignies. Mais là nous avons une toute nouvelle demande qui émane de la Province du Brabant-Wallon pour travailler à une autre échelle. C’est en gestation. Les projets n’arrêtent pas de se développer. La sortie en mars de notre publication est également un projet qui nous mobilise. Et cette année, comme nous fêtons nos 10 ans, le Comité Organisateur d’ Atoutage organise un « Festival du Film intergénérationnel » qui sera présenté au mois d’avril 2010 autour de la journée européenne pour la solidarité entre les générations.

Les réunions des responsables d'Atoutage ont lieu à Louvain-la-Neuve. Le 11 décembre 2009, une partie des 9 administrateurs et des 30 bénévoles qui contribuent au travail intergénérationnel se réunissent pour préparer l'agenda des événements, formations et animations qui vont baliser l'année 2010.
Une partie des bénévoles d’Atoutage se sont réunis à Louvain-la-Neuve le 11 décembre dernier pour préparer l'agenda des événements, formations et animations qui vont baliser l'année 2010.
Un festival du film intergénérationnel, une première en Belgique !

Parmi les responsables d'Atoutage, Jean Damster (à gauche) est la cheville ouvrière du Festival du Film Intergénérationnel"
Question : Comment vous est venu l’idée de lancer une telle initiative ?
Jean Damster: l’asbl Atoutage organise tous les deux ans une manifestation « culturelle » pour mieux faire connaître ses activités de terrain auprès du grand public, cette occasion nous permet de récolter des fonds pour pérenniser nos actions dans le temps : via le mécénat d’entreprise, le sponsoring de l’activité culturelle, la publicité dans le programme, obtention de subventions Région wallonne, Communauté française, La Province, la Ville d’Ott/LLN, mais également via des dons privés (comité d’honneur) et la billetterie. Cette année, au lieu du concert habituel le temps d’une soirée, cette fois-ci nous avons opté pour un festival du film. Et puis, 2010 est une année particulière car Atoutage fête ses 10 années d’existence. En plus de cela, du 21 au 24 avril 2010, c’est également la période des Carrefours des Générations, une initiative européenne depuis 2009, initiée en Belgique par la Fondation Roi Baudouin dont le relais est repris par les Villes.
Question : Pourquoi un festival du film intergénérationnel ?
Jean Damster : Cela ne s’est pas encore fait en Belgique. Sensibiliser les personnes de tous les âges à cette solidarité citoyenne est une bonne chose. Le faire par l’image suscite le débat avec la salle. Nous voulons montrer à travers une série de « bons » films la solidarité entre les générations.
Question : Concrètement, comment va se dérouler ce premier Festival du Film Intergénérationnel ?
Jean Damster : Le Festival débutera par une soirée de Gala au centre culturel d’Ottignies le 21 avril prochain. Il va durer jusqu’au 24 avril. Pour la programmation des autres jours, nous pensons projeter à chaque séance, avant le « grand » film, un court-métrage « belge » pour mieux faire connaître cette mine d’or inconnue. Chaque séance sera suivie d’un débat animé par un kot à projet et des membres d’Atoutage. La discussion devrait continuer dans les brasseries, bars et cafés de Louvain-la-Neuve qui se seront associés au projet. La projection de divers films se fera notamment dans les studios 11 et 13 à Louvain-la-Neuve.
Question : comment avez-vous procédé pour décider de la programmation des films?
Jean Damster : D’abord il a fallu mettre le comité organisateur sur pied.
C’était chose gagnée, du moins je le croyais… L’équipe de bénévoles qui avait fonctionné les deux fois précédentes pour nos concerts était prête à remettre le couvert. C’était oublier que le cinéma, et organiser un festival ; cela ne s’improvise pas. Nous nous sommes entourés de personnes, toujours bénévoles, au profils plus « professionnels » du cinéma : une réalisatrice qui dirige son entreprise de production de films documentaires, une amie qui a créée Cinéfemme à Bruxelles, et un ancien professeur de l’IAD. Grâce à Générations aisbl, une asbl amie, nous avons pu faire appel à leur filmographie dans ce domaine. Très vite je me suis aperçu qu’il manquait un maillon de cette belle chaîne : les jeunes. Nous avons alors mis sur pied un partenariat efficace et très sympathique avec le kot à projet, Cinéforum de Louvain-la-Neuve. Ces jeunes sont devenus les « incontournables » de notre projet.
Question : Quel genre de films allez-vous projeter ?
Jean Damster : Chacun a pu donner son avis.
Il y a des films fiction, des documentaires, un film d’animation. Des courts et de long métrages.
Le festivalier doit y trouver son bonheur. En soirée de Gala : c’est le film « La Boîte de Pandore » (avec Tsila Chelton) qui sera diffusé. Pour ma part, j’aime beaucoup « Les enfants sans Ombres » réalisé par Bernard Balteau, c’est le film qui est programmé le vendredi soir. Le débat qui suivra avec divers acteurs et le réalisateur du film promet d’être passionnant.
Question : A quel type de public vous attendez-vous ?
Jean Damster : Lors de la soirée de gala : nous retrouverons probablement les amis habituels qui continuent à nous soutenir en payant 20 € la place. Parmi les festivaliers : (3 et 2 € ) les écoles du secondaires, écoles professionnelles, les étudiants, les aînés des homes et senoiries. Le samedi sera surtout plus famille, toutes générations confondues.
Ophélie Luciano
ATOUTAGE asbl site internet : http://www.atoutage.be
Av. de l’Espinette 15
1348 Louvain-la-Neuve
Tél /Fax : 010/ 45 20 61
e-mail :
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Envie d’en savoir plus sur ce Festival du Film Intergénérationnel ?
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ou contactez Jean Damster, le Responsable du FFI au 0474/50.25.29
Pour le programme des films, voyez le site internet d'Atoutage.








