Accueil Rendez-vous avec Lès Sauvèrdias : restaurant social et même plus

"Lès Sauvèrdias" de Jambes :
restaurant social et même plus !

Déjà en 1987, les "Frères de la Charité" accueillaient dans la maison "Les Arondes" des défavorisés des environs de Dave (Namur). Depuis 1995, ce service a déménagé au 300 chaussée de Liège à Jambes. Ceux qui vivent seuls, et risquent "d’échapper au filet social et économique, les éprouvés de la santé ou de leur milieu familial" viennent là pour se restaurer contre une modique contribution et pour obtenir d’autres services – d’hygiène par exemple. Les "hôtes" sont servis par une équipe de 34 volontaires programmés par roulement: ils sont indispensables pour mener à bien l’accueil, préparer et servir les repas -sans oublier l’aide aux autres nécessités liées au fonctionnement de la maison: entretien des locaux, maintenance du matériel, aide logistique, etc…
Le Frère Henri Fransen est le directeur de la maison des "Sauvèrdias".

Question : la philosophie des Sauvèrdias, c’est les repas, mais aussi un encadrement. Quel est votre objectif ?

Frère Henri Fransen : Lès Sauvèrdias
Frère Henri Fransen, directeur de la maison "Lès Sauvèrdias"

Frère Henri Fransen : Venir en aide à tous ceux qui sont dans le besoin. Ce sont des sans abri, - des clochards, des personnes âgées, des mamans seules qui viennent avec leurs enfants, … -ce sont toutes des personnes qui sont dans le besoin. Nous ne connaissons pas leurs problèmes. Parce qu’ici aux Sauvèrdias, on ne pose pas de questions. Tout le monde peut venir passer la journée dans la maison. Personne n’est obligé de manger. Les hôtes peuvent simplement rester ici. Ils peuvent prendre une douche, faire la lessive, et aussi manger. C’est d’abord manger, mais manger dans un encadrement spécifique. Ceux qui viennent ici éprouvent la solitude, hé bien, ils vont donc manger ensemble. Ils sont assis à une table de cinq, se servent eux-mêmes, si ils manquent de quelque chose, ils peuvent venir se resservir à volonté. Donc, on ne pose pas de questions, chaque personne est respectée et aussi chaque sensibilité est respectée– ces derniers temps pas mal d’étrangers viennent ici. C’est cela notre principe : un accueil social sans questions.

Qui est bénévole, qui est "invité"  à table ?
Tous sont considérés à l’identique…

Question : combien de personnes fréquentent la maison ?

Frère Henri Fransen : en semaine, 40 à 50 en moyenne, le week-end nous accueillons entre 60 et 70 hôtes. Parce que nous sommes la seule maison ouverte tous les jours. On existe presque depuis 24 ans et nous sommes restés ouverts tout ce temps. C’est notre principe, mais c’est une réalité surtout grâce aux bénévoles qui sont 34 en service pour le moment. Sans eux, cette ouverture quotidienne serait impossible : sans bénévoles, vous pouvez fermer ici demain matin. Ce serait terminé.

Une cuisine "pro", un climat "pro" pour les volontaires au travail.

Question : quels sont les services rendus par les bénévoles?

Frère Henri Fransen : ils font tout ! Vous voyez notre maison et ses quatre étages : ils nettoient tout partout. En cuisine ils sont là quatre fois par semaine à préparer les légumes pour faire les potages et les repas. Nous mangeons tous ensemble à midi trente, les bénévoles préparent les tables, ils doivent aussi manger et servir tout en débarrassant les tables. Il y a également des activités : pour moi, toutes les activités suscitées par les volontaires sont bonnes et ce sont aussi les bénévoles qui les animent.

Question : quel genre d’activités ?

Frère Henri Fransen : Nos hôtes jouent beaucoup aux cartes ou à d’autres jeux de société d’intérieur. S’il fait beau ils peuvent aller au jardin. Et puis il y a les grandes fêtes Noël, Pâques, des anniversaires… et aussi une "Fête à l’accueil" où tous nos bénévoles seront présents avec nos invités dans une salle pas loin d’ici. Pendant la fête j’ai besoin de bénévoles supplémentaires pour la permanence dans la maison parce que certains hôtes ne veulent pas participer à la fête – cela coûte un petit peu d’argent … Jusqu’à présent, nous pouvons nous organiser. Certains nous disent parfois que nous avons trop de bénévoles. Nous comptons 34 volontaires, c’est vrai, mais nos bénévoles sont souvent des pensionnés qui veulent aussi vivre chez eux, faire d’autres choses que leur volontariat, il y a donc un roulement. Cela veut dire aussi que nous avons un certain vieillissement de notre équipe. Il y a une très faible rotation de mes bénévoles : ils restent ici très longtemps. C’est l’âge, la maladie qui les font quitter leur fonction.

Question : vous avez besoin régulièrement d’un apport de bénévoles pour remplacer ceux qui ne sont plus capables de faire le service ?

Frère Henri Fransen : oui. Et moi, je n’exige pas une formation de mes bénévoles. S’ils veulent suivre une formation, tant mieux, mais ce que je leur demande, c’est un grand cœur. Pour moi, c’est cela qui compte d’abord. Ils doivent être disponibles, serviables, et être à l’écoute. C’est pour moi le profil idéal.

La "caisse" est stratégique : chaque €urocent compte !

Question : les volontaires sont responsables de l’accueil : c’est important ?

Frère Henri Fransen : oui. Je veux avoir un certain standing dans la maison ici, et ne pas engager n’importe qui. Les locaux doivent être propres pour les hôtes, et les repas prêts à l’heure, c’est pourquoi le travail volontaire commence dès 08h du matin. Pour moi, c’est important d’avoir des personnes qui savent travailler, et nous avons des bénévoles qui travaillent très bien, mais il ne faut pas leur demander de mener le contact avec les personnes qui viennent manger dans la maison. Bien entendu, ils doivent accueillir les hôtes en difficulté, mais il ne faut pas qu’ils leur posent des questions. On peut bien entendu parler… mais il faut le faire avec respect. Nous avons assez bien d’alcooliques qui viennent, des drogués, des personnes qui ont des problèmes financiers… Nous sommes à l’écoute, mais nous ne sommes pas des intervenants sociaux ou médicaux. En cas de difficulté d’un hôte, nous le renseignons pour qu’il puisse obtenir une aide adéquate là où il pourra la trouver facilement.

Question : vous ventilez selon la nature des demandes ?

Frère Henri Fransen : Je suis infirmier psychiatrique, mais je ne travaille pas ici comme infirmier psychiatrique. Ça m’aide beaucoup. Quand je vois des personnes qui vivent un problème, j’ai une certaine compétence pour comprendre leurs difficultés… mais je ne suis pas médecin. Si je vois quelqu’un qui a besoin d’un médecin, je conseille, je peux dire "selon moi c’est cela, prenez contact avec votre médecin", ou… je donne un autre conseil, je renseigne un service social ou médical. Parce que le danger avec nos hôtes serait de vouloir tout faire, si vous voulez. Et ce n’est pas notre rôle ni notre vocation…

Question : vous travaillez avec la banque alimentaire ?

Frère Henri Fransen : oui. L’unité de Meux. On travaille aussi avec Carrefour, avec Match, GB Express, des Boulangeries comme la Normandie ou l’Edelweis ou chez Toussaint, l’Ecomarché de Leuze, Le Père Clément et d’autres. Et je dois dire qu’avec la crise, jusqu’à présent ça va. On n’a pas trop de problèmes supplémentaires.


Une partie de la nourriture vient de la "Banque alimentaire" et de commerçants locaux…

Question : comment arrivez-vous à financer ce que vous ne recevez pas ?

Frère Henri Fransen : ce sont des dons. Des dons, ha oui. Je suis fort attentif à tous ceux qui font des dons parce que c’est leur argent, et il faut leur montrer ce qu’on fait avec cela. Il faut rester honnête envers les donateurs.

Question : bien sûr.. Il faut dire ce que l’on fait avec leur aide.

Frère Henri Fransen : cette année, pour la première fois on a reçu un don, une petite intervention de la part de la Ville de Namur. Et la Fortis Foundation nous adresse des volontaires qui viennent de leurs effectifs – c’est également une assistance. Pour le moment je bénéficie aussi d’une très bonne collaboration avec le Ministère de la Justice (Service Public Fédéral de la Justice). Il y a des personnes condamnées qui doivent prester des heures de service au bénéfice de la collectivité, hé bien ils peuvent venir ici. Ces personnes sont également dans des difficultés. Ce n’est pas parce qu’ils ont fait un délit qu’on ne doit pas les aider. Ils doivent parfois prester 50, 150 heures parfois plus… je veux les mettre dans de bonnes conditions pour ce travail. Cela veut dire qu’ils sont intégrés comme les autres dans l’équipe des bénévoles. Mes bénévoles savent qu’il y a des personnes de ce profil qui viennent prester. Mais ni eux ni moi ne savons pas pourquoi ils sont venus : je ne veux pas le savoir, cela ne m’intéresse pas, ce sont les personnes qui m’intéressent ! Pour le moment, depuis environ deux ans, nous commençons aussi à nous coordonner entre les différentes œuvres locales … l’Abri de Nuit, les Restaurants du Cœur, Saint Vincent de Paul, etc… C’est très positif.

"Lès Sauvèrdias" sont adossés à la Congrégation des Frères de la Charité : c’est un avantage dans la mesure où, en cas de difficultés, ils peuvent organiser des solidarités supplémentaires. Frère Henri Fransen considère cependant que plus personne ne peut le remplacer "comme frère", il a donc fondé un Comité de Gestion qui prend maintenant les décisions fondamentales de la maison. Ceux qui font partie de ce Comité veulent poursuivre l’action entamée dans le même esprit, la même spiritualité et assurer la pérennité de cette entreprise généreuse. La continuité est donc assurée pour "Lès Sauvèrdias"…

Renseignements pratiques :
"Lès Sauvèrdias", 300 chaussée de Liège, Jambes – 081212106
Ouverture tous les jours y compris les dimanches et jours fériés de 9 h à 16 h (17 h les dimanches et fériés)
Repas : petit déjeuner (1 €), dîner (2 €)
Une douche : 1,25 € Une lessive 1,25, une lessive et un séchoir : 2,50 €
La maison met à la disposition des invités : une salle de télévision, une salle de lecture, une salle à manger, une salle de bains, une buanderie, un jardin, des ateliers. À noter qu’il est impossible de loger aux "Sauvèrdias".

Marie-Noëlle, volontaire aux "Sauvèrdias" :
elle doit trouver un autre investissement bénévole


Marie-Noëlle au séchoir de la buanderie

Question : c’est une visite au Centre de l’AV de Namur qui t’a permis de choisir les "Sauvèrdias" ?

Marie-Noëlle : Le service offert par le Centre de l'Association pour le volontariat de Namur est très bien. Mais j'ai été plus satisfaite au bout d'un deuxième rendez-vous un an après mon premier engagement. J’avais alors des idées plus précises : je savais mieux ce que je désirais. Je me suis sentie bien accueillie au Centre AV de Namur, c'est très convivial. Les offres que je recevais du Centre pour le Volontariat correspondaient aux différentes demandes que j’avais faites. Sauf pour un numéro de téléphone périmé, les renseignements reçus au Centre ont été assez précis et suffisants pour mener soi-même des recherches de services bénévoles.


Marie-Noëlle en quête d’un autre volontariat au centre AV de Namur

Question : ton accueil aux "Sauvèrdias" a été chaleureux..

Marie-Noëlle : J'ai été bien accueillie aux Sauverdias: avec une tasse de café et un grand sourire. L’entretien convivial de présentation des Sauverdias m’a bien encouragé. On m’a suggéré les tâches et des horaires, mais tout cela me convenait. Au fil du temps, j'ai pu prendre des responsabilités supplémentaires comme prendre en charge la caisse des Sauvèrdias, concernant l’organisation de la journée où les repas sont servis et parfois j’ai géré un micromagasin de denrées alimentaires excédentaires qui devaient être liquidées. Je crois que j'ai pu offrir aux visiteurs des Sauverdias, une certaine aide, un sourire, une présence, rendre aussi aux hôtes l’un ou l’autre service personnel. Oui, j'ai l'impression d'avoir aidé des personnes qui étaient dans le besoin pour prendre par exemple une douche, aider à des lessives, et bien évidemment offrir un repas convivial et dans une ambiance très familiale.

Question : Quel est le climat dans le groupe des volontaires aux "Sauvèrdias" ?

Marie-Noëlle : les volontaires aux Sauverdias, forment une équipe soudée, on s'entraide aussi entre nous. La considération dans laquelle les gestionnaires nous tiennent se marque par une petite fête des volontaires chaque année. C’est comme un remerciement : les dames reçoivent chacune une fleur pour toute leur participation et l’action menée aux nom des "Sauvèrdias". Malheureusement, j'ai dû abandonner il y a quelque temps : suite à une chute dans mon appartement, mes genoux ne me portent plus bien, et comme j'avais déjà une fragilité de ce côté-là, je suis moins confiante pour monter et descendre les escaliers surtout avec des plats de service dans les mains ! Je suis à la recherche d’un autre volontariat, je suis triste de quitter les "Sauvèrdias", mais je ne coupe pas les contacts pour autant, je viendrai de temps à autre et participerai à des activités. J'espère trouver un volontariat aussi accueillant et attrayant que celui que j'ai pu connaître aux Sauverdias puisque je suis retournée au Centre de Namur de l’Association pour le Volontariat pour choisir un nouvel engagement.


Le Centre de l’Association pour le Volontariat de Namur (ci-dessus) cherche à recruter plusieurs collaboratrices/collaborateurs pour son développement et assurer ses permanences.  Si vous êtes motivé(e), si vous n’êtes pas allergiques à l’informatique (facile) et que vous avez le sens de l’accueil, contactez-nous rapidement à l’adresse internet Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ou par téléphone au 081/731.480 de Serge Thibaut, membre de l’AV Namur.

Les "Sauvèrdias" désigne en wallon les moineaux communs des bois et jardins

 

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