Accueil Rendez-vous avec La Maison des Gais Lurons, club de vacances pour enfants malades

"La Maison des Gais Lurons", un club de vacances pour enfants malades. Mamans admises !

Dans la grande banlieue de Namur, une villa entourée d’un parc arboré d’ 1,15 hectare. Une trentaine d’enfants malades sont en vacances, avec leurs mamans. Des chambres comme à l’hôtel (construction 2004) pour un, deux, voire trois enfants avec eau courante et six salles de bain/douche et toilettes séparées. Cuisine « à la carte » pour les hôtes si cela s’impose. Loisirs extérieurs dans la propriété (terrain de sport, sentiers de promenade, espaces pour les plus petits). Quand il pleut, l’animation se tient dans la salle de jeu ou dans la salle à manger. Mamans et enfants des milieux défavorisés vivent vraiment « autre chose » que leur quotidien. Et le petit miracle a lieu à chaque période de vacances. Cette merveilleuse réalisation a vu le jour grâce à trois personnes : Bernard Buelen, Tinou d’Ansembourg et Charlotte Beeckmans, bientôt rejoints par Pierre Gillis, responsable de la gestion journalière.

Bernard Buelen
Bernard Buelen, président de l’asbl devant le bâtiment principal de la « Maison ». Il met souvent la main à la pâte. Le béton ne lui fait pas plus peur que toutes sortes d’autres travaux pratiques…

Pierre Gillis
Pierre Gillis (interviewé). Administrateur-délégué de l’asbl. Il est le responsable de la logistique de « La maison des Gais Lurons

Question : quelle est l’originalité de l’initiative des « Gais Lurons » ?

Pierre Gillis : En fait l’idée des Gais Lurons c’est d’offrir des vacances à des enfants malades issus des milieux défavorisés… Ils nous sont présentés par des hôpitaux, des services sociaux comme par une série d’asbl à caractère social comme l’Association contre la Violence Conjugale, contre la Mucoviscidose, contre le cancer, la leucémie, toutes ces maladies. Ces associations nous envoient des candidatures pour des enfants. L’originalité des vacances, c’est que la maman doit accompagner son ou ses enfants. Pour deux raisons. La première est que nous n’avons pas l’expérience médicale de la maladie de leur enfant. Nous avons des connaissances médicales et des connexions avec les hôpitaux de Namur au cas où il y aurait des problèmes, on a des kinés, des médecins généralistes ici dans le quartier, mais la maman garde la responsabilité médicale de l’enfant pendant le séjour. La deuxième raison est qu’elle puisse, elle aussi prendre des vacances, puisqu’en venant ici elle ne doit pas faire à manger, pas faire de lessives, des courses, elle s’occupe de son enfant. Donc, elle a, elle aussi, quelques jours de bon temps.

Mamans aux ateliers   
Les mamans participent aux ateliers créatifs animés par des bénévoles

Question : c’est un service quasi hôtelier, mais avec de l’animation… comme un club de vacances.

Chambres spacieuses, lumineuses et propres
Des chambres spacieuses, lumineuses, propres- et des salles de bain/douche en nombre : une hôtellerie impeccable !

Pierre Gillis : ha oui, c’est un service hôtelier, oui. Et il y a des animations. En tous genres. A l’intérieur ou à l’extérieur. A l’intérieur nous avons des musiciens qui viennent, des clowns, des magiciens, des gens qui distraient les enfants et les mamans avec de la peinture sur verre, du dessin, toutes sortes de petits ateliers. Et à l’extérieur on va faire des balades sur la Meuse ici ou à Dinant… Il y a aussi un terrain de sports dans la propriété. On va visiter des fermes. On va dans des manèges. On va voir le travail de certains artisans. On fait des promenades dans la nature évidemment – nous avons un guide-nature qui vient pour nous faire découvrir tel ou tel aspect de la nature au sens large…

Accompagnement des enfants malades
Frères et sœurs peuvent accompagner les enfants malades

Vélos à disposition des enfants
Les « routes » du parc sont bitumées. Les vélos à disposition des enfants font merveille…!

Courses en vélo sous les arbres
…pour les courses sous les grands arbres!

Question : toutes ces activités coûtent de l’argent. Où trouvez-vous les moyens pour financer tout cela ?

Pierre Gillis : Nous avons un budget annuel qui tourne aux alentours des 45000€. Nous n’avons pas de subsides des services publics. Cet argent nous vient de dons et des recettes des événements que nous organisons. Ceux qui nous donnent 30€ ou plus reçoivent une attestation fiscale pour déduction des impôts. L’année passée nous avons mis sur pied une pièce de théâtre pendant cinq jours et un concert choral dans une église. Et nous avons vendu des vins et des tableaux ici dans la maison, ce qui nous a permis de la faire découvrir aux visiteurs de la région namuroise.

Question : les parents contribuent au budget  par un prix de séjour?

Pierre Gillis : dans la mesure de leurs possibilités ils y contribuent, mais de manière très légère. Nous demandons 2€/jour pour la maman et 1€/jour par enfant. Donc une maman qui vient avec deux enfants pendant une semaine paie environ 25€. Mais si elle n’a pas les moyens, on discute. Certaines associations et services sociaux paient le séjour, dans ce cas, les familles ne paient rien ! Pour nous, il y a des frais de déplacement : par exemple nous transportons les familles en voiture de leur domicile jusqu’ici et nous les ramenons chez eux. Pas d’autocar, puisque les enfants viennent de partout en Belgique, donc, il est difficile de penser à un transport collectif. Des chauffeurs bénévoles vont chercher nos hôtes et les ramènent chez eux. Et ici, tout est offert: nourriture, excursions, jeux, nous donnons même un T-Shirt comme souvenir de la maison. Dans ces conditions, tous demandent de revenir.

La Maison des Gais Lurons, club aussi pour les Mamans
La maison des Gais Lurons", c’est un "club" de vacances aussi pour les mamans

Distribution de vêtement de seconde main
Avec quelquefois, une distribution de vêtements de seconde main

Question : vous avez assez de bénévoles pour tous ces services ?

Pierre Gillis : nous avons un manque de responsables de séjours. Nous sommes organisés par « camps ». En début d’année nous en planifions le nombre et la durée. Nous ouvrons aussi nos portes à d’autres asbl similaires. Le premier s’occupe d’handicapés mentaux de la région bruxelloise, le deuxième s’occupe d’enfants sourds-muets. Le reste est ventilé selon les demandes. Nous décidons entre nous qui va faire quel « camp » à quelle période. Actuellement nous sommes cinq personnes responsables d’une période, ce sont les « chefs de camp », si je puis dire. Ces personnes s’entourent de bénévoles, trois ou quatre par séjour, parfois plus. Mais il est très difficile de trouver des « chefs de camp ». Pourtant, si on sait gérer une famille, on peut s’occuper d’un « camp » comme ici.

Question : quelles sont les responsabilités des « chefs de camps » ?

Pierre Gillis : ils assurent la programmation de leur camp, et ils doivent trouver les bénévoles qui vont aider à la logistique de chaque séjour. Ils doivent aussi mener les discussions avec le chef de cuisine : il faut établir les menus: des enfants ont besoin de menus spéciaux. Il y a aussi les régimes, les convictions religieuses ou alimentaires, -nous avons des végétariens… et aussi des enfants qui sont nourris au biberon et parfois nourris par cathéter – donc il faut faire des préparations spécialement mixées…

Un cuisinier Pro pour les enfants
Un cuisinier « pro » gère les menus adaptés aux problèmes des enfants…

Cuisine pour autres contingences
…ou à d’autres contingences (religieuses, convictions alimentaires, etc…)

Boulettes aux tomates et frites
Aujourd’hui, boulettes aux tomates/frites

Personne ne manque à l'appel dans la salle à manger
Au cri de la frite, personne ne manque à l’appel dans la salle à manger!

Bref, il y a tout cela. Et puis il faut organiser les activités. Si on veut faire une balade sur la Meuse, visiter tel lieu, il faut prévoir x voitures pour conduire les enfants et les récupérer deux heures plus tard. Pour les pique-niques aussi, ça dépend du nombre d’enfants, et du nombre de voitures. Nous avons 11 chambres pour 34 lits… Voilà tout ce que le chef de camp doit gérer à l’avance et sur place. C’est, au fond, un travail basé sur l’inventaire des familles et sur la disponibilité de notre hébergement et des services. Evidemment, je suis moi-même toujours aux côtés des « chefs de camp » pour les aider! Ils ne sont pas seuls…

Question : il y a les grandes vacances, mais aussi de plus « petites » vacances. Vacances de printemps, d’hiver… est-ce que vous trouvez des familles disponibles pour des séjours pour ces courtes périodes ?

Pierre Gillis : oui, les familles ne sont pas difficiles à trouver. Nous avons déjà organisé en cinq ans 7000 jours de vacances sur cinq ans – on compte un jour/personne – un peu plus maintenant, puisque nous avons déjà dépassé la moitié de l’année… Oui, on a besoin des bénévoles aussi pour les courts séjours.. Personnellement, je fais trois « camps ». Donc, pour les dix ou douze camps parfois ça va à cinq volontaires, mais nous pourrions faire mieux avec plus de bénévoles.

Question : quels sont les profils de bénévoles qui vous intéressent ?

Pierre Gillis : toute bonne volonté est bienvenue. D’abord, il nous faut des chauffeurs avec voitures. Pour aller chercher les familles chez elles et les y ramener. Le deuxième profil c’est « organisateur d’activités ». Avec un don musical ou artistique, le bénévole peut organiser une petite activité extérieure ou intérieure ici… Le troisième profil est généraliste : lorsque nous organisons un événement destiné à nous financer, il faut de l’aide. Ce sont des spectacles, du théâtre – on a toujours besoin de personnes bénévoles dans ces circonstances. Et le quatrième profil est celui de participant-aidant aux séjours pendant les congés scolaires pour aider à la logistique. Le « top » serait celui qui accepterait d’être « chef de camp » ou de séjour. Bien sûr, ces volontaires viendront à l’un ou l’autre « camp » pour voir comment nous travaillons… et pour qu’ils puissent se tester eux-mêmes. Nous ne sommes pas très exigeants, mais les bons bénévoles ne sont pas faciles à trouver…

RV dans la salle de jeux pour les enfants
Il fait gris ? Rendez-vous dans la salle où une centaine de jeux ou plus attendent les enfants… dont le kicker et le ping-pong

Activité extérieur : visite à la ferme
Une activité d’extérieur : la visite à la ferme

Excursion en tracteur
Excursion : en tracteur !

Intéressé par un volontariat à la « Maison des Gais Lurons »? Contactez le Centre de Namur de l’Association pour le Volontariat par mail à l’adresse internet Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ou par téléphone au 081/731.480 chez Serge Thibaut, membre de l’AV Namur.

 

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