L’ACS : "un succès citoyen"
L'Amicale des Corps de Sauvetage, des citoyens au service des détresses du quotidien.

L’ACS, des citoyens bis
Dans la région de La Hulpe, courant 1969, les quotidiens déploraient un mort sur la route par semaine. La Région n’était pas « couverte » par un service d’aide médicale urgente. Scandalisé, Arnold Félix décidait de la création de l’Amicale des Corps de Sauvetage (ACS), une association de volontaires conçue pour venir en aide aux personnes en détresse. Quarante ans plus tard, la modeste structure locale est devenue un Centre de secours 100 (ou 112) de l’Aide Médicale Urgente (AMU), une pépinière d’ambulanciers ultra spécialisés au service des citoyens en détresse et, plus récemment, un centre d’aide sociale et psychologique bien exemplaire - le tout essentiellement animé par des volontaires.
La parole au « patron » de l’ACS, Arnold Félix
Arnold Félix : le nombre de volontaires par rapport aux salariés ? Il n’y a que 15 permanents salariés sur le total.

"Arnold Félix fondateur & président du CA de l’ACS"
Question : cela fait pratiquement 90% de bénévoles. Sont-ils indemnisés pour leurs déplacements, assurés, etc.. ?
Arnold Félix : assurés, ça c’est une obligation, donc ils le sont aussi. Nous avons toujours été assurés, même il y a 40 ans quand nous avons commencé. Hier comme aujourd’hui tous les bénévoles sont couverts par une assurance du travail. Ce qu’exige d’ailleurs la Santé Publique dans le cadre des secours de l’Aide Médicale Urgente. Donc, nous avons une assurance « Loi » « dégâts corporels » – sur le chemin du travail, mais pas d’indemnisation pour les prestations volontaires.
Question : la majorité des bénévoles doit suivre des cours ?
Arnold Félix : ça dépend dans quel secteur ils se trouvent. Pour ceux qui viennent se porter volontaires pour le service des Secours Urgents, il y a toute une série de formations selon les catégories choisies. Si vous choisissez l’Aide Médicale Urgente, il faut suivre des cours de préparation ici, puis suivre les cours officiels dans une école provinciale pour être reconnu ambulancier d’Aide Médicale Urgente.
Question : combien d’heures de cours faut-il accumuler pour ce diplôme?
Arnold Félix : le nombre d’heures de cours officiel est maintenant de 120 heures de cours et 40 heures de stage. Mais à l’ACS, comme vous le savez, depuis notre démarrage en 1969, une loi prescrivait 20 heures de cours obligatoires pour le travail d’ambulancier. En 1975 nous avons instauré un cours de 100 heures chez nous. Maintenant, ce n’est plus suffisant, les 120 heures, c’est une formation de base – pour tout ce qui est ambulance de réanimation etc, nous programmons 120h à 150h de plus - sans oublier des stages. Donc, si quelqu’un souhaite la formation de sauveteur ambulancier d’Aide Médicale Urgente à l’ACS et servir dans l’ambulance « réanimation » - pour gérer les cas critiques – il lui faudra à peu près 300 heures de formation.
Question : c’est très exigeant !
Arnold Félix : oui, il faut compter deux ans pour être au point. Vous avez trois ans de prestations en moyenne pour les volontaires. Qui restent en service en moyenne cinq ans à l’ACS.
Question : pourquoi ? Parce que c’est très éprouvant ?
Arnold Félix : mais c’est d’abord « pour rien » – les prestations volontaires ne sont pas payées. Non seulement c’est du vrai bénévolat, mais c’est aussi un investissement de la personne. Nos ambulanciers sont des « actionnaires » comme on dit ici, puisqu’ils achètent leurs uniformes eux-mêmes et, s’ ils servent ici, ils paient leur nourriture etc… selon leurs moyens. Entendons-nous bien : si quelqu’un est en difficulté financière, l’ACS prendra en charge le cas échéant même le gîte et le couvert.
Les ambulanciers ne se contentent pas de répondre aux appels médicaux urgents selon un horaire à respecter strictement : ils sont également chargés de l’entretien du matériel – ambulances, équipement médical et médicaments d’urgence. Ici, ils remettent en ordre un véhicule et son contenu pollué lors des missions à Genval suite aux inondations du mois de mai 2009.

"Remise en état d’une ambulance après une mission à Genval"
Le « fer de lance » de l’ACS est l’Aide Urgente. Le lieu où toutes les initiatives d’aide commencent se trouve au Central Téléphonique directement raccordé au « service 100 » ou « 112 ». C’est d’ici que la centraliste peut mobiliser ambulances, aide sociale, matériel de désincarcération, charroi spécialisé pour catastrophes, réponses aux appels de télévigilance, etc.

La Centraliste de l’ACS gère la mobilisation des services
Mais il existe également d’autres besoins en volontaires …
Aux côtés des ambulanciers, des besoins permanents de spécialistes
Question : dans la panoplie de ce qu'est le travail principal à l’ACS Aide Médicale Urgente ou Aide Sociale Urgente il y a aussi d’autres postes volontaires à pourvoir – dans la logistique par exemple…
Arnold Félix : dans l’organigramme de l’ACS, à côte de la direction-reine qui concerne l’Aide Médicale Urgente, il y a une unité de soutien logistique et d’intervention. Il y a aussi une direction administrative qui s’occupe de tout ce qui est de ce domaine, y compris les dossiers du personnel. La facturation, la gestion de la comptabilité est aussi très importante. Nous ne sommes pas peu fiers d’être en équilibre financier depuis 40 ans. Les experts-comptables qui viennent contrôler nos comptes marquent souvent de l’étonnement de trouver une asbl sans activité commerciale qui a un bilan fantastique. Nous avons également un département informatique et une direction technique, sans oublier la direction sanitaire des secours qui veille par exemple à la pharmacie – nous avons des pharmaciens. Et, côté logistique nous avons bien entendu le charroi avec le garage des ambulances et autres véhicules de secours. Il y a des bénévoles dans tous ces secteurs également.
Question : là également il faut une formation ?
Arnold Félix : non. Là c’est l’inverse qui se produit. Ce sont les volontaires qui viennent à nous avec un savoir faire. Et dans toutes les catégories. Du médecin à l’ingénieur civil, des ouvriers aux techniciens, mais des directeurs de sociétés importantes se mettent aussi à la disposition de l’asbl. C’est une richesse !
Danielle De Landsheere, volontaire administrative
Devant l’ordinateur, une « nouvelle recrue » s’initie au travail d’administration de l’ACS avec l’aide de Christiane Tacca - une collaboratrice bénévole expérimentée en service depuis plus de cinq ans. Danielle De Landsheere a choisi l’ACS parmi d’autres ouvertures qui lui ont été présentées à l’Association pour le Volontariat d’Ottignies/Louvain-la-Neuve.

Danielle De Landsheere, nouvelle volontaire de l’ACS
Question : comment avez choisi l’ACS ?
Mme Danielle De Landsheere : ce n’était pas très loin. J’habite à quelques rues d’ici depuis 35 ans. Je connaissais l’ACS depuis longtemps. Je travaillais professionnellement tout le temps, donc je ne pouvais pas les aider. Et le jour où j’ai arrêté de travailler, j’ai décidé de me rendre utile et de trouver un bénévolat dans une association.
Question : comment cela s’est-il passé ?
Mme Danielle De Landsheere : je suis passée au Centre de l’Association pour le Volontariat d’Ottignies/Louvain-la-Neuve. J’ai rencontré Monsieur Charly Cornet. Et j’ai choisi l’ACS dans les listes d’associations qu’il m’a proposées.
Question : et ce que vous découvrez ici vous convient ? Vous faites un travail administratif…
Mme Danielle De Landsheere : oui. Je ne fais pas que cela. J’ai d’abord essayé de faire du travail dans une maison de repos pour les personnes âgées, mais je trouvais que … vu mon âge, intellectuellement, je devais rester dans le coup, donc je veux continuer dans les travaux de bureau, puisque c’était une partie de mon métier.
Question : et que pensez-vous du climat qui règne ici ? Il correspond à ce que vous attendiez ?
Mme De Landsheere : le bénévolat est quand-même motivé par un comportement altruiste – il n’y a pas de combats, ni de heurts - donc les gens qui font du volontariat essaient de s’entendre au maximum.
Les moyens de l’ACS
Toutes les victimes aidées par l’ACS ne paient pas les factures qui leur sont adressées - c’est la crise partout. L’asbl est heureusement indemnisée par une grande partie des personnes secourues, elle reçoit des dons privés, des libéralités de services clubs, est défrayée de certaines prestations (surveillances sur les lieux de rassemblements importants…) - ses contributions à la Santé Publique produisent également des rentrées d’argent. Cet équilibre financier est garant d’une certaine tranquillité d’esprit pour ceux qui se dévouent à l’ACS : le climat convivial qui y règne n’est pas étranger à la philosophie budgétaire de ses gestionnaires qui veillent jalousement à l’autonomie de l’asbl.
Question : vous bénéficiez également d’aides des pouvoirs publics ?
Arnold Félix : c’est très faible donc. C’est peut-être cela un succès aussi, puisque, il faut le reconnaître, nous n’avons pas favorisé l’entrée d’hommes politiques dans nos structures. Il faut compter que nous avons aux alentours de 10% de nos moyens qui sont apportés par des pouvoirs publics sous forme de subsides ou subventions APE par exemple… des permanents et une aide communale. Point à la ligne.
Si vous êtes intéressés par un investissement personnel dans l’ACS, contactez l’Association pour le Volontariat, Centre d’Ottignies/Louvain-la-Neuve, Maison de la Citoyenneté, rue des deux Ponts 15 à Ottignies. Vous pouvez prendre un rendez-vous téléphonique tous les jeudis entre 11h et 18h au 010/42 06 43 ou par mail à Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. .








