Lu pour vous : l’enquête de la Fondation Roi Baudouin :
L’impact de la crise financière sur les associations - Juin 2010
La crise financière qui touche notre pays depuis septembre 2008 mène la vie dure pour certains au sein du monde associatif belge, tant au nord qu’au sud du pays. La Fondation Roi Baudouin a dès lors sollicité la société Ipsos pour réaliser une vaste enquête auprès des associations afin d’évaluer dans quelle mesure la crise a pu avoir des effets sur :
- le fundraising (collecte de fonds),
- les ressources humaines,
- la stratégie des associations.
Au total, 1068 associations ont été contactées et 315 d’entre-elles, soit environ 30 %, ont participé à l’enquête. Les questionnaires ont été remplis par des organisations des trois régions du pays et de différentes tailles, fonctionnant avec des employés et/ou des volontaires.

1. Fundraising
Concernant les dons, 49 % des associations interrogées ne constatent aucune évolution majeure depuis septembre 2008. 23 % d’entre-elles remarquent toutefois une diminution et seulement 11 % enregistrent une augmentation (17 % ne savent pas).
Les cotisations ont, quant à elles, moins souffert de la crise. En effet, pour environ 37 % des associations, le nombre de membres cotisants n’a pas évolué sur ces 12 derniers mois. Presque autant d’associations n’ont pas trouvé d’application à la question (36 %). Seulement 10 % ont finalement constaté une diminution.
Ensuite, trois associations sur quatre bénéficient d’aides publiques (financement permanent ou sur appel à projet) et, parmi celles-ci, la moitié n’a pas constaté d’évolution quant à leurs subsides. Plus ou moins 10 % estiment que l’aide publique a augmenté, tandis qu’un peu plus de 20 % affirment qu’elle a diminué.
L’enquête nous révèle également que les associations ne sont pas toutes égales face à la crise. Les premières victimes de la crise sont les associations culturelles (diminution de leurs revenus annuels et des subsides de l’aide publique). Elles sont donc nettement plus pessimistes que les autres associations quant à leur avenir, et prévoient déjà de devoir procéder à des restrictions budgétaires. À l’inverse, les associations de type environnemental, celles de solidarité et celles internationales, ainsi que les grosses associations (en terme de nombre de travailleurs et de revenus annuels) semblent avoir été épargnées.
Par ailleurs, les associations fonctionnant exclusivement avec des volontaires ont vu leurs revenus annuels diminuer davantage que celles fonctionnant avec des salariés.
2. Ressources humaines
Comme nous venons de le constater, une partie des associations observent un recul de leurs dons et subsides. La conséquence à ces pertes financières est, pour beaucoup d’entre-elles, la prise de mesures au niveau des ressources humaines.
Une partie des associations se retrouvent en effet dans l’obligation de procéder à des restructurations du personnel. La moitié des associations a réagi en faisant appel à plus de volontaires, un tiers a eu recours au licenciement, un quart aux réductions d’horaires et un cinquième au temps partiel.
Concernant le nombre de volontaires, près de 50 % des associations n’ont remarqué aucune évolution depuis le début de la crise. Un quart des associations a toutefois constaté une différence. Parmi eux, une petite frange (7 %) estime qu’ils ont diminué, mais la majorité (18 %) assure qu’ils ont augmenté. Nuançons toutefois ce dernier résultat car les associations selon lesquelles les volontaires ont augmenté constituent principalement celles de solidarité (à 30 %) ou internationales (à 37 %), c'est-à-dire celles qui ont le mieux résisté à la crise.
Enfin, il semblerait qu’un volontaire sur cinq soit désormais davantage attentif à ses frais personnels Ceci s’applique surtout aux petites associations.
3. Stratégie
La crise a engendré une réduction des coûts pour la moitié des associations. L’enquête révèle qu’afin de faire des économies, les associations ont privilégié certaines mesures : suppression des versions papiers et/ou de l’envoi du rapport annuel (49 %), réduction des budgets de transport et de conférence (35 %), gel/réduction des dépenses en personnel (32 %), etc.
Concernant la réponse stratégique à la crise, quatre associations sur dix prévoient d’élaborer un nouveau plan et assurer son suivi. Un peu plus d’un quart des associations procéderont, quant à elles, à une utilisation différente des fonds.
Enfin, un tiers des associations doit, en conséquence de la crise, repenser son fonctionnement, notamment à travers la diminution des coûts et l’amélioration de la rentabilité.
En conclusion
Les associations les plus touchées par la crise risquent de ne pas voir le bout du tunnel de si tôt. D’ailleurs, les propos de Benoît Fontaine, conseiller à la Fondation Roi Baudouin, sont sans équivoque. Interrogé dans la Libre Belgique le 23 juin 2010 en réaction à l’enquête, il déclare que : « l’évolution du secteur associatif est tout sauf positive. Dons et subsides ne vont pas se redresser du jour au lendemain, d’autant plus que la crise financière aura des effets à retardement ».




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